28/05/2005

'Car c'est ainsi que je t'aime'

Car c'est ainsi que je t'aime
 
Car c'est lorsque tu pleures que je veux t'enserrer
Mes mains chérissent tes larmes, ma bouche tes frissons
Tu tressaillis de sanglots et nous nous enlaçons
Et mon affection se perd dans tes beaux yeux brouillés
 
Car c'est lorsque tu cries que je te caresserais
C'est là que ta beauté se faite toute voluptueuse
Comme ta joue s'enflamme lorsque tu es furieuse
Et quand ton corps à ma main, courroucé, tu soustrais
 
Car quand tu veux te suicider, je sais que je t'aime
Je retiens ton bras blanc et embrasse tes lèvres molles
Le regard alarmé, les cheveux en herbes folles
J'essuie tes larmes sucrées sur ton visage blême
 
Demeure qui tu es, demeure qui tu veux être
Je t'aime pour toi, telle que tu change au gré des vents  
Sois celle que j'aime, demeure qui tu veux être

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21/05/2005

'Hypnose mécanique'

Hypnose Mécanique
 
Le métal de tes yeux,
La soie de ta peau;,
Système pernicieux
D'un infâme robot.
 
Calculatrice et froide,
Violente et brutale,
Parfois souple ou bien roide,
Impassible, royale.
 
Cuivre de tes cheveux
Carrossage si beau;
Système pernicieux
D'un infâme robot.

12:14 Écrit par Lathspell | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

'Abîmé'

Abîmé

Ces jours où mon âme se froissait comme du velours,
Seulement il se peut que je me les remémore.
Et ces jours où mes entrailles se tordaient par amour,
Seulement il se peut que me les remémore.

Et comme Priam mourut en enserrant Jupiter,
C'est couchant sur ta statue que je serai mais en terre.
Maintenant je suis perdu, noyé dans le sang, les larmes;
Aveugle, seul, las et nu, sans force et sans aucune arme.

Qui me sortira de l'Erèbe où tu m'as abîmé
Où la froide humidité perle sur mon front?
Abîmé dans cet Erèbe, qui va m'en retirer? 
















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19/05/2005

Variations

Deux très courts textes en vers et sans nom, dont le premier est pompé sur un proverbe cucul célèbre...

Entre mille, j'aime deux essences
La tienne et celle de l'héllebore;
L'héllébore au jour de sa naissance
Et la tienne au-delà de la Mort. 

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Il y a de l'orage sur la ville.
Je ne sais pas trop où, mais tu es partie;
Larmes sucrées à ton sel se marient.
Il est mort mon coeur, et Spes est bien vil,
Malgré tout, reviens-moi; je t'attendrai.















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14/05/2005

'Sieste avec les ombres'

Attention, ceci pourrait choquer...
 
Sieste avec les ombres
 
Dans la moiteur obscure d'une chambre abandonnée,
C'est en vain que, las, entre tes membres je m'agite;
Ton indolent contact est si triste et si glacé
Et jamais ta peau de mes brûlures ne s'irrite.
 
Tu fixes l'horizon, ne me regardes pas,
Ton corps a molli et toute ta force est perdue.
Je m'agite et toi, tu ne réagis même pas;
Ah! l'Amour, le Bonheur! dans tes yeux ne brillent plus.
 
Tu n'es plus ici que par pure et simple habitude
Et quand accepterais-je que tout s'achève donc ainsi?
Mes démons de passions combattent la certitude
Que tu es un cadavre et qu'on t'enterre lundi.

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'Drogues d'Egypte'

Drogues d'Egypte
 
Sur son lit gracieux orné de têtes de Thouéris,
Ayant délaissé sa couverture en un lin si léger,
Si agréablement galbée qu'elle et s'offrant comme Isis,
Une Egyptienne sommeillait nue, ses longs cheveux défaits.
 
L'oeil était encore fardé et les lèvres chargées de fruits,
Et sa peau de bronze recouvrant des courbes si parfaites,
Non, sans pudeur aucune, elle laissait tout voir à autrui,
excepté son bel oeil droit, caché de sa main maigrelette.
 
Dans l'air soudainement lourd, une vapeur orange roule
Emplissant très brutalement l'univers d'incertitudes.
La substance non-tropique, si enivrante nous saoule.
Empoisonnée, belle dame, plus jamais ne serez prude!

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'Brasier coloré'

Brasier coloré
 
Fragrance de fleurs séchées, odeur de caramel,
D'un brasier coloré, souples et suaves s'élèvent,
Léchant chaudement l'air de flammes couleur charnelle.
 
Du sol de santal tout droit de l'Hadès sorti
Des arbres d'un ébène gracieux sourdent
Et des cordes à ceux-là des hommes ont assujetti.
 
Eloigne-toi donc, une fumée grise est dans l'air.
La chair des condamnés offerts à Seth brûle ici,
Subissant l'agonie sur le bûcher funéraire.

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